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Témoignage d’un lecteur, pas directement concerné par la maladie d’Alzheimer.

 

Le 1 janv. 2014 à 20:57

Bonjour,                                                                                                                                                Je me présente brièvement. Je m’appelle Danny. J’ai 37 ans et j’habite à Montréal.                            J’ai récemment commandé votre livre «Je parle alzheimer, le langage du coeur» et je viens d’en terminer la lecture.                                                                                                                                … Mon seul contact avec des gens souffrant de cette maladie remonte à la seconde moitié des années 1990 où, durant 4 ans, j’ai été préposé aux bénéficiaires pendant une partie de mes études. Somme toute, grand lecteur sur tous les sujets et naturellement curieux, j’ai lu plusieurs ouvrages sur l’Alzheimer au cours des années, dont «Le Mystère Alzheimer» de Marie Gendron, «La Mère d’Édith» et «J’ai commencé mon éternité» d’Édith Fournier, etc. Le plus récent est le vôtre.                                                                                                                                C’est plus tôt en 2013 qu’un article d’un magazine qui présentait votre livre m’a fait connaître ce dernier et m’a donné envie de le lire. Ce qui m’avait particulièrement attiré était cette sensibilité teintée d’humanisme et d’empathie que je me suis dit que vous deviez avoir pour écrire sur le sujet de l’Alzheimer abordé sous cet angle-là. Il était clair que vous deviez aller au-delà du premier degré de la maladie pour vous rendre jusqu’à la personne en soi…jusqu’à chaque personne, en fait. Chaque humain, même malade, semblait avoir sa pleine importance vu ainsi. Et je devinais que votre méthode sous-entendait qu’il y avait encore de la place pour l’individuel, pour le cas par cas, ce que je trouve rassurant en ces années et ce qui m’interpelle comme individu! Enfin, au-delà de tout raisonnement, sitôt cet article lu, votre livre me «parlait», comme on dit parfois, et c’est souvent ainsi que je choisis mes livres ou sujets de lecture. Que je choisis à peu près tout, en vérité! Notre fameuse «petite voix», quelle qu’elle soit, reste encore notre meilleur guide, n’est-ce pas?, et ce, même dans un choix aussi banal qu’un livre à lire. Comme vous l’écrivez si justement dans votre livre: «Cette démarche qui consiste à se référer au coeur plutôt qu’à la tête pour savoir ce qu’elles veulent a amené ces personnes à fonctionner davantage avec le mode affectif et les a rapprochées de leur identité affective.»                                                                                                                                        Bref, suivant cet article, j’ai mis quelques mois avant de commander votre livre parce que j’ai toujours plusieurs lectures en cours, mais j’ai toujours gardé en tête et en note votre bouquin et l’ai finalement commandé il y a environ un mois. Je l’ai lu et n’ai pas été déçu!

Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas imprégné de la maladie d’Alzheimer d’aucune façon dans ma vie de tous les jours. Je lis sur tous les sujets confondus, qu’ils me touchent de près ou de loin, donc j’ai abordé votre livre en étant plutôt neutre et son sujet comme de l’information tout simplement. C’est sûrement pour cela que, dès le début de ma lecture, mon esprit a appliqué tout naturellement vos enseignements à un champ plus large que le cadre de l’Alzheimer. Tant mieux, au fond, ceci est bien la preuve que ce que vous écrivez a une portée universelle parce que ça touche l’humain avant tout.                                                                   ….Et puis, après, tout au long de votre livre, je me disais à peu près à chaque paragraphe: «Comme c’est vrai!» «Tiens! Ça, je l’ai acquis en vieillissant!» «Ça, j’aimerais, l’acquérir!» «Mon Dieu! Que je souhaiterais que l’on se parle tous de cette façon-là!» «Ah! Ça, je vais essayer de le garder en tête pour l’appliquer à chaque fois que je parlerai avec mes proches, surtout quand la discussion demande plus d’attention, de sérieux, d’écoute de ma part (ce qui arrive très souvent, il me semble…!)» Etc.                                                                                                        … J’essaie de faire de mon mieux, mais «il m’en manque bien des bouts», alors que j’ai pourtant bien souvent l’impression plus ou moins implicite que les gens qui font de moi leur confident attendent quelque chose de moi…LA bonne réponse intelligente, LA parole sage et appropriée, je ne sais trop…Et je ne suis absolument pas psychologue. Je suis juste qui je suis en essayant de privilégier l’authenticité et de fuir les faux-semblants, et ça donne cela! Le problème vient peut-être de moi, aussi, parce que je prends les choses trop à coeur, peut-être… Ou peut-être ai-je sans trop m’en rendre compte des attentes. J’ai trouvé si juste le passage où vous écrivez:    «Par ailleurs, il est naturel que les proches et les soignants aient envie d’être reconnus par les personnes qu’ils visitent ou qu’ils soignent. Paradoxalement, c’est en lâchant les attentes présentes dans le mental que l’on pourra percevoir des manifestations de reconnaissances auxquelles on ne pensait pas […] Il est utile de prendre conscience de nos attentes, pour pouvoir les lâcher.»     …, si mes communications ne sont pas toujours aussi fluides que je ne le voudrais, j’en suis aussi responsable. C’est comme une danse, ça se joue à deux! Encore faut-il que je sache de quoi je suis responsable pour pouvoir corriger le problème! En cela, un passage, un livre comme celui-ci est utile et instructif parce qu’il éclaire ma lanterne!                                           Mon passage préféré, vous savez c’est lequel? Le voici: «Quand radio mental occupe le moment présent, elle ne laisse pas de place à l’inspiration. Dans la tête, il n’y a que ce que nous connaissons déjà. La créativité vient du divin (créateur) en nous. Sans présence dans l’instant présent, pas de créativité, juste de la répétition.» Comme cela est vrai! Comme cela est à garder en tête! Comme cela est à appliquer le plus possible. En communication et dans à peu près toutes les sphères! Or, aussi vrai cela soit-il, ça demande forcément une grande rigueur, un lâcher-prise, justement, et, lorsqu’appliqué en communication spécifiquement, ça demande en plus une grande abnégation!                                                                                                                             … Bref, je relirai assurément votre livre parce qu’il contient plusieurs précieux enseignements.     … Sachez seulement que j’ai trouvé vos propos d’une grande logique imprégnée d’humanisme et de sensibilité. J’ai par conséquent beaucoup aimé votre livre, très instructif, que je vais relire. Merci!                                                                                                                                                 Au plaisir,                                                                                                                                      Danny G.

Feedbacks

 J’ai lu votre livre. Un vrai bijou ! Tellement clair, limpide, un pur bonheur* Le 22 juillet 2013 Mireille Frégeau, journaliste pour « La Semaine », du Québec.

Bonjour Mme Thomas,                                                                     7 mai 2013

je viens de terminer de lire votre livre. Je l’ai lu deux fois et je vais le relire encore et encore. Je vous remercie de partager avec nous votre expérience auprès des gens désorientés. Je travaille dans une résidence de personnes qui ont la maladie d’Alzheimer, votre livre est maintenant ma bible de tous les jours.

Merci de nous transmettre cet amour qui vous habite.

Sincèrement

Rita du Québec

 J’ai pratiquement dévoré ton livre ce matin.

C’est beau de sensibilité et d’ouverture de cœur.

C’est tout simplement vivant et plein d’amour.

Merci pour être la belle personne que tu es et pour réaliser ce pour quoi ton âme est ici,

Au service des plus souffrants,

Pleinement et en confiance !

Novembre 2013      Christine de Belgique

 

 

 

 

 

Témoignage 19 ans plus tard

Ma mère est entrée à la résidence X dans des circonstances bien particulières. Depuis 5 ou 6 ans, mon père s’en occupait avec dévotion y laissant toutes ses forces. Il avait réussi même pendant 1 ou 2 ans à nous cacher, même à nous la proche famille, la triste vérité. Les derniers mois, il avait quand même accepté de recourir à un centre de jour pour souffler quelques heures un jour par semaine car l’on sait combien cette maladie envahit complètement la vie de l’accompagnant.
En novembre 1994, mon père se voit diagnostiquer un vilain cancer du foie. Il est opéré mais il n’y a pas grand-chose à faire sinon tenter une chimiothérapie. Alors qu’il est encore à l’hôpital après son opération, moi, sa fille unique, je me vois dans l’obligation de lui dire que la seule solution est un placement pour ma mère, ce que, jusqu’alors, il avait refusé d’envisager. C’est donc en pleurs que j’ai atterri chez la directrice de la résidence en question, croyant faillir à toutes mes obligations.
C’est elle et vous, Joelle, qui m’avez fait comprendre que c’était la solution, envisagée temporaire dans un premier temps, me permettant de travailler, de m’occuper de mon père et de ma famille (mon fils avait 12 ans). Mais la santé de mon père, après des chimio répétées, s’est vite dégradée. Mon père ne se sentait plus la force d’aller la voir et j’étais donc le seul lien entre eux d’eux. La veille de sa mort, alors qu’il devait se sentir partir, il m’a envoyé vers elle, le grand amour de sa vie.
C’est alors que vous intervenez, Joelle, car comme ma mère ne parlait plus, je ne savais pas comment lui communiquer son départ, ma tristesse, et le fait que nous restions à nous deux. Vous lui avez parlé et j’ai compris, par son regard, qu’elle avait intégré la nouvelle. Jusqu’à sa mort à elle, quatre mois plus tard, elle m’a appelée Papa, prouvant qu’elle avait fixé sur moi tout son amour pour lui.
Vous m’avez aussi aidée lorsque ma mère est morte à me dire que j’avais fait tout ce qui était possible pour l’un et pour l’autre.
Viviane, Bruxelles, le 26 mars 2013