Conférence à Bruxelles, le 6 mai 2013

Joëlle Thomas: « Je parle Alzheimer, le langage du coeur »

Bruxelles
Le lundi 6 mai 2013 à 20h00, la Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique recevra avenue Alfred Solvay, 1 à 1170 Bruxelles Joëlle Thomas pour une conférence sur le thème de son livre « Je parle Alzheimer, le langage du coeur » A l’issue de la conférence, nous prendrons ensemble le verre de l’amitié. P.A.F. 10 euros (5 euros pour les membres en ordre de cotisation) à verser au compte 310-1755400-77 de la Ligue avec la mention « 6/5 + nombre de places + si possible votre adresse mail » Le nombre de places est limité. Réservation souhaitée: info@liguedesoptimistes.be – http://www.lametropole.com/article/arts-et-spectacles/livres/je-parle-alzheimer-le-langage-du-cœur

Témoignage 19 ans plus tard

Ma mère est entrée à la résidence X dans des circonstances bien particulières. Depuis 5 ou 6 ans, mon père s’en occupait avec dévotion y laissant toutes ses forces. Il avait réussi même pendant 1 ou 2 ans à nous cacher, même à nous la proche famille, la triste vérité. Les derniers mois, il avait quand même accepté de recourir à un centre de jour pour souffler quelques heures un jour par semaine car l’on sait combien cette maladie envahit complètement la vie de l’accompagnant.
En novembre 1994, mon père se voit diagnostiquer un vilain cancer du foie. Il est opéré mais il n’y a pas grand-chose à faire sinon tenter une chimiothérapie. Alors qu’il est encore à l’hôpital après son opération, moi, sa fille unique, je me vois dans l’obligation de lui dire que la seule solution est un placement pour ma mère, ce que, jusqu’alors, il avait refusé d’envisager. C’est donc en pleurs que j’ai atterri chez la directrice de la résidence en question, croyant faillir à toutes mes obligations.
C’est elle et vous, Joelle, qui m’avez fait comprendre que c’était la solution, envisagée temporaire dans un premier temps, me permettant de travailler, de m’occuper de mon père et de ma famille (mon fils avait 12 ans). Mais la santé de mon père, après des chimio répétées, s’est vite dégradée. Mon père ne se sentait plus la force d’aller la voir et j’étais donc le seul lien entre eux d’eux. La veille de sa mort, alors qu’il devait se sentir partir, il m’a envoyé vers elle, le grand amour de sa vie.
C’est alors que vous intervenez, Joelle, car comme ma mère ne parlait plus, je ne savais pas comment lui communiquer son départ, ma tristesse, et le fait que nous restions à nous deux. Vous lui avez parlé et j’ai compris, par son regard, qu’elle avait intégré la nouvelle. Jusqu’à sa mort à elle, quatre mois plus tard, elle m’a appelée Papa, prouvant qu’elle avait fixé sur moi tout son amour pour lui.
Vous m’avez aussi aidée lorsque ma mère est morte à me dire que j’avais fait tout ce qui était possible pour l’un et pour l’autre.
Viviane, Bruxelles, le 26 mars 2013